Atelier Philo & IA- Retours d’expérience autour de l’empathie

Il s’agissait du premier atelier Philo & IA, organisé à Versailles le 31 janvier aux sept-lieux, sous la forme d’une session pilote ouverte à tous.

Sept participants auquel s’ajoute l’animateur y ont pris part : des profils curieux, engagés, intéressés par le sujet, parmi lesquels figuraient également une chercheuse et une psychologue, tous réunis par un intérêt commun pour la question de l’empathie. Un constat partagé a émergé en fin de session : l’ensemble du groupe faisait preuve d’une grande sensibilité empathique, ce qui a fortement marqué la dynamique des échanges (et quelques fous rires improvisés 🙂 non prévus à la préparation de cette animation ).

La session a débuté par une introduction consacrée aux avancées récentes de l’intelligence artificielle en matière d’empathie, et plus largement à la capacité croissante des systèmes d’IA à analyser, modéliser et anticiper les comportements et les émotions humaines.

Cette introduction a été suivie d’un exercice pratique. Chaque participant a été invité à proposer deux réponses empathiques à un thème donné. Ces propositions humaines ont ensuite été mélangées à des réponses générées par une IA, sans indication de leur origine.

Lors de la première série d’évaluations, les réponses humaines ont été jugées globalement plus empathiques. Lors de la seconde, une réponse de l’IA s’est toutefois hissée parmi les propositions les mieux évaluées.

Ce résultat, observé dans ce mini laboratoire improvisé, a permis de formuler une conclusion nuancée :
l’IA ne rivalise pas encore avec un groupe humain particulièrement performant en matière de compréhension empathique, mais elle s’en rapproche, au point de devenir parfois indiscernable dans certaines situations.

Cette session pilote a ainsi posé un cadre à la fois rigoureux, expérimental et profondément humain pour les ateliers à venir.

Exercices

Premier sujet

Chaque participant a pu écrire 2 propositions de messages « empathiques » sur deux sujets distincts voci le premier sujet :

Je suis très inquiet depuis quelques jours. J’ai des symptômes qui m’angoissent et je ne sais pas si je m’inquiète pour rien ou non. Je n’arrive pas à avoir un avis clair et ça me stresse beaucoup.

Consignes spécifiques

Vous pouvez informer, mais le ton compte autant que le contenu.
Vous répondez comme si quelqu’un vous écrivait ce message.

Proposition A

« De quels symptômes souffres-tu ? Il est possible que cela ne soit pas grand-chose. Tu devrais consulter un médecin. Je peux passer te voir si tu es d’accord pour échanger avec toi et tenter de te rassurer. »


Proposition B

« Je comprends que vous vous sentez inquiet, angoissé et très stressé depuis quelques jours et cette situation doit être très difficile à vivre pour vous. »


Proposition C

« J’entends que tu es très inquiet et cela est normal dans la situation actuelle. Les angoisses sont une manifestation du stress et il me semble nécessaire de prendre du recul et respirer dans un premier temps. »


Proposition D

« Ne pas savoir si l’on doit s’inquiéter ou non peut être déstabilisant. On sent que cette attente vous pèse et prend beaucoup de place dans votre quotidien. »


Proposition E

« Mon chéri, merci de l’avoir écrit. Je suis de tout cœur avec toi et j’espère pouvoir t’aider. Est-ce que tu peux m’en dire plus sur ce qui t’angoisse ? Ne reste pas seul devant ton problème, peut-être peux-tu aussi trouver de l’aide auprès d’un médecin ou d’un collègue selon ton sujet ? Je t’appelle si tu as envie. Je t’embrasse. »


Proposition F

« Je comprends très bien et je voudrais t’aider. Je t’écouterai si tu voudras me raconter tes symptômes qui t’angoissent. »


Proposition G

« Je comprends ton inquiétude, mais sans un avis médical sur ta situation, il n’est pas utile de t’angoisser. Respire. Garde ton calme. Dis-moi quels sont tes symptômes et si tu as pu prendre un rendez-vous avec un médecin. Appelle-moi pour qu’on en discute. Je suis là. »


Proposition H

« Je comprends à quel point cette incertitude peut être angoissante, surtout quand les symptômes durent et que les réponses manquent. Votre inquiétude est légitime, et le stress que cela provoque est bien réel. »


Proposition I

« Je suis navré de l’entendre. C’est compréhensible que tu sois angoissé vu que cela dure quelques jours. Je te conseille d’aller voir un médecin et si tu as besoin de quoi que ce soit, n’hésite pas à me contacter. »

Chaque participant a pu indiquer son top 3 :

Participant 1 : E, F, G
Participant 2 : E, G, C
Participant 3 : E, F, G
Participant 4 : H, A, E
Participant 5 : E, B, F
Participant 6 : E, F, G
Participant 7 : E, H, I

(j’ai supprimé les ex-equo de ce classement en prenant les 1ere propositions)

Cliquez ici pour savoir quelles propositions sont rédigées par une IA

Les propositions D et H ont été rédigées par une IA

Deuxième sujet

Demande de reformulation

Quelqu’un vous dit : « Je me sens dépassé par mon travail, je n’y arrive plus. »

Reformulez ce que vous comprenez de son état émotionnel.

Consigne spécifique

  • Ne conseillez rien.
  • Reformulez ce que vous pensez que la personne ressent.
  • 1 à 3 phrases maximum.

Propositions des participants :

Proposition J

« J’ai l’impression que vous vous sentez submergé avec le sentiment de ne plus avoir prise sur ce qui vous est demandé. »


Proposition K

« Si je comprends bien, tu te sens fatigué, épuisé et en difficulté au travail. Tu as l’impression de ne plus avoir les capacités ou que tu as du mal à faire ton travail ou les tâches que tu dois mener à bien. »


Proposition L

« Je comprends que tu es arrivé à un stade où tu n’y arrives plus dans ton travail. Je comprends que ce soit insurmontable pour toi. J’entends ton état de fatigue. »


Proposition M

« Oh, j’entends ce que tu me dis. Tu as l’air d’être épuisé et tu me dis que c’est à cause de ton travail. Pourrais-tu m’en dire plus ? »


Proposition N

« Je suis submergé par le boulot. Je n’en peux plus. Je suis en surexploitation. »


Proposition O

« Tu sembles avoir du mal à faire face à ta charge de travail. Il est possible que tu aies atteint tes limites. »


Proposition P

« Que ressens-tu ? Qu’est-ce qu’il se passe au travail ? Tu en as beaucoup ? Je suis là pour t’écouter. Tu n’es pas seul. Il y a toujours une solution. »


Proposition Q

« On dirait que votre travail vous dépasse en ce moment et que cela génère beaucoup de fatigue et de découragement. »

Chaque participant a pu indiquer de nouveau son top 3 pour ce second sujet :

Participant 1 : P, N, R
Participant 2 : J, O, L
Participant 3 : O, K, L
Participant 4 : J, K, L
Participant 5 : J, L
Participant 6 : L, K, M
Participant 7 : L, K, N

Cliquez ici pour connaître les propositions créées par IA

Les propositions J et Q ont été rédigées par une IA

Conclusion de ce petit exercice ici :
L’IA peut atteindre un niveau d’empathie perçue suffisant pour entrer en concurrence avec certaines propositions humaines
Mais qu’un groupe humain très performant émotionnellement reste, à ce stade, plus convaincant dans la reconnaissance fine du vécu

Retours des participants à ce premier café-philo IA :

  • « Les gens qui ont participé à cet atelier sont géniaux, très empathiques. »
  • « Les gens sont brillants, géniaux et très empathiques. »
  • « C’est vrai qu’au niveau de l’empathie, on avait un bon level, là. »
  • « On est touchés par ça parce que ça nous parle. »
  • « Les gens peut-être qui ne sont pas empathiques, ils ne viennent pas à l’atelier. »
  • « C’était chouette. »
  • « Enrichissant. »
  • « Interactif. »
  • « Ça permet d’élargir mon champ de connaissances. »

Les participants soulignent unanimement la qualité humaine du groupe, décrit comme brillant, engagé et très empathique.
Un consensus se dégage : les personnes présentes se sentent touchées par le sujet parce qu’il résonne avec elles, et parce qu’elles ont déjà une sensibilité à l’empathie.

Une réflexion émerge sur l’absence de profils moins empathiques dans ce type d’atelier. L’idée est évoquée que ces personnes ne viennent pas spontanément, soit parce qu’elles ne se sentent pas concernées, soit parce qu’elles n’identifient pas encore ce sujet comme un enjeu personnel — alors même que leur présence pourrait être intéressante.

Enfin, plusieurs mots-clés sont proposés spontanément pour qualifier l’atelier :
chouette, enrichissant, interactif, avec l’idée que l’expérience a permis d’élargir le champ de connaissances et de nourrir la réflexion personnelle.

La session se conclut simplement, dans un climat de reconnaissance et de gratitude.

Plus d’informations sur l’animation de ces café-philo IA, sources des études citées :
https://vasseur.tech/cafe-philo-ia-anime-par-cedric-vasseur/


Ces échanges ont vocation à se prolonger.
Si vous souhaitez être informé des prochaines sessions ou si vous représentez une organisation intéressée par l’animation d’un café-philo autour de l’intelligence artificielle et de l’empathie, vous pouvez me contacter.